lundi 8 mai 2017

Il est né l' Divin Président

1438 -


On s'en souvient : l'élection d'Emmanuel Macron à la Présidence de la République fut saluée par un vaste concert d'éloges admiratifs émanant de la plupart des hommes politiques, de nombreuses personnalités en vue et d'un très grand nombre de citoyens. L'ascension fulgurante de ce brillant jeune homme de 39 ans sidéra les Français, que sa personnalité et son programme avait irrésistiblement séduits. On savait peu de choses de lui, au fond, hormis ce qu'il en disait, mais ce qu'on savait ou croyait savoir nourrissait de grandes espérances.

Pourtant, dès le lendemain de son élection, à l'appel d'organisations syndicales et de partis de gauche, une manifestation  regroupa des milliers de personnes à Paris. Il s'agissait de mettre en garde le nouveau président contre la tentation d'user des ordonnances pour imposer ses réformes, jugées par eux antisociales, comme celle du code du travail.

Pendant les quelques jours qui suivirent, personne n'aperçut le nouveau président. On supposa que, retranché dans son bureau, il planchait sur les dossiers. Il y eut bien un employé de l'aéroport de Roissy qui prétendit l'avoir aperçu descendant incognito d'un avion en provenance d'Ankara, mais que serait-il allé faire là-bas, je vous le demande ?

Pourtant, quinze jours pétantes après l'élection, la première ordonnance fut promulguée. Elle concernait la réforme du code du travail, dont les dispositions se trouvaient fortement durcies par rapport aux annonces du candidat. Notamment, les indemnités prévues en cas de licenciement étaient carrément supprimées.

La réponse ne se fit pas attendre, Dès le surlendemain, des manifestations monstres étaient déclenchées dans les rues des grandes villes à l'appel des organisations syndicales et des partis de gauche. Comme on pouvait s'y attendre, des débordements eurent lieu.

Mais les forces de l'ordre avaient reçu des consignes sévères. Contre les émeutiers et les manifestants, elles tirèrent à balles réelles et  à la mitrailleuse.

On déplora des milliers (certains disent des dizaines de milliers) de victimes. Dans la nuit qui suivit, les responsables nationaux et régionaux de la CGT, de FO, du Parti Communiste et, bien entendu, du parti de Jean-Luc Mélenchon  furent arrêtés. Dès le lendemain, lesdites organisations furent interdites. Quelques semaines plus tard, les mutins furent traduits devant des cours spéciales, sous l'accusation de haute trahison. La peine de mort ayant été rétablie par ordonnance, Jean-Luc Mélenchon et quelques autres responsables en vue furent pendus haut et court.

Les méthodes énergiques du Président Macron, notamment dans le lutte contre le terrorisme, les organisations anti-nationales, les pédés etc., ne tardèrent pas à lui valoir les félicitations et les encouragements des Présidents Trump, Poutine et, bien entendu, Erdogan, son mentor.

Quelques mois plus tard une nouvelle ordonnance proclamait le départ de la France de l'Union Européenne. La monnaie nationale était rétablie.

La suite n'étonnera personne : le Front National et le mouvement présidentiel, rebaptisé "La République en marche", fusionnèrent, sous la nouvelle appellation de " Marions-nous, Maréchal Folleville, nous voilà ". Marylène Lapine fut nommée Premier Ministre.

Depuis la canonisation de Brigitte ( au 75 sans recul ) consécutive à sa tentative de putsch, dit " des nonagénaires " (avec Bayrou et Villepin ), le Président Macron, vieillissant, ne peut se défendre d'une défiance qui le conduit à pratiquer des purges régulières. Il vient pourtant de faire désigner par l'Assemblée comme son successeur le jeune Emmanuel Macron Jr. Cependant, la proclamation officielle n'aura lieu qu'après le retour du Président, en visite officielle en Corée du Nord. Mort trop tôt, le président Trump n'a pu manifester  sa réprobation.

Proclamé Sauveur de la Patrie et Grand Pépère du Peuple, Emmanuel Macron ne manque pas de se gausser des accusations de ses opposants selon qui, si la France est aujourd'hui dans un état catastrophique, c'est à lui seul qu'elle le doit.  " La France va mal, dites-vous, ricane-t-il. Qu'à cela ne tienne : je m'en vas lui faire une ordonnance . "


Aucun commentaire: